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Notre action en matière de santé
Deux axes d’intervention se dessinent en réponse aux défis mondiaux actuels en matière de santé : l'amélioration de l'accès aux soins et l'amélioration de la santé maternelle et infantile. L'accompagnement de la transition démographique et les partenariats publics privés restent des axes centraux de notre stratégie.
Actualités
Une expérience novatrice pour la santé maternelle et infantile à Kinshasa
Un double défi : la réduction de la mortalité maternelle et infantile et le développement d'une offre de soins de qualité accessible aux plus démunis. Une expérience novatrice : la recherche de synergies dans l’appui apporté à deux hôpitaux, l'un public, l'autre associatif qui assure une mission de service public. Tels sont les objectifs du Projet hospitalier Mère-enfant à Kinshasa dont la convention de financement signée le 18 février entre la RDC et la France.
Le Projet hospitalier Mère-enfant à Kinshasa (Promekin) est au coeur de la convention, signée au ministère des Finances de RDC, en présence de Joas Mbitso-Ngedza, vice-Ministre des Finances, de Luc Hallade, ambassadeur de France et de Christian Yoka, directeur de l’AFD à Kinshasa.
Opération cardiaque en partenariat avec les médecins de la Chaîne de l'Espoir
à la clinique Ngaliema
Faciliter l’accès aux soins des plus démunis
L’état de santé des Congolais et la détérioration du système de santé sont des préoccupations majeures pour l’Etat congolais.
Les taux de mortalité infantile et maternelle sont parmi les plus élevés au monde, en raison notamment de la dégradation des services de santé et des ressources financières limitées des ménages. Les hôpitaux publics souffrent de nombreux dysfonctionnements (délabrement des infrastructures, manque d’équipement et de personnel, mauvaise qualité des soins, gestion défaillante etc.).
Cependant, certains hôpitaux à Kinshasa se distinguent par la qualité de leurs soins et leur politique d’accessibilité financière. C’est le cas du Centre Hospitalier Monkole (CHM) et de la Clinique Ngaliema, tous deux hôpitaux de référence, placés sous le contrôle du ministère de la Santé. Ils sont des maillons importants du système sanitaire, en tant que prestataires de soins de qualité et spécialisés (malformations cardiaques, urologiques, maxillo-faciales) au sein du système de santé et en tant que lieux privilégiés de formation des étudiants en médecine et en soins paramédicaux.
Mères et enfants au centre des préoccupations
Le projet vise à améliorer la santé de la population en RDC, en particulier des mères et des enfants, à travers le développement au niveau hospitalier, d’une offre de soins de qualité et accessible aux plus démunis.
En particulier, le projet permettra d’améliorer les capacités du Ministère de la Santé, d’accompagner le renforcement des compétences en gestion des hôpitaux, d’améliorer l’offre de soins de deux hôpitaux reconnus pour leur qualité à Kinshasa, et de faciliter l’accès aux soins des plus démunis, dans un contexte d’absence de couverture maladie.
Soins intensifs pédiatriques au centre hospitalier Monkole
Renforcement des capacités et partenariat avec des structures hospitalières associatives
Le Projet sera constitué de deux composantes complémentaires. Il appuiera :
- le renforcement des capacités de la Direction des Etablissements de Soins (DES) du ministère de la Santé dans sa mission d’encadrement du système hospitalier ;
- le développement du Centre Hospitalier Monkole et de la Clinique Ngaliema, à travers le financement de travaux de construction et de réhabilitation, l’acquisition d’équipements, des activités de renforcement de capacités (expertise technique, participation à des ateliers et formations, petits équipements etc.).
Le projet renforcera les relations entre le ministère et les deux hôpitaux et permettra ainsi au ministère de capitaliser sur les bonnes pratiques des deux hôpitaux et d’y mettre en œuvre la réforme hospitalière de manière exemplaire.
Le projet contribuera par ailleurs à développer les échanges d’expériences entre les deux établissements.
La France se félicite de cette volonté de réforme affichée par le Gouvernement. Le projet Promekin vient en complément d’une contribution du gouvernement français de 1,4 million de dollars aux activités du bureau de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) en RDC.
La France vient donc, par ce double financement, consolider le partenariat entre nos deux pays afin de répondre, ensemble, au double défi de réduction de la mortalité maternelle et infantile et des dépenses de santé des ménages les plus pauvres.
Coût et financement
Le coût du projet est de 24,4M€, dont 8M€ sont financés par l’AFD en subvention, en cofinancement avec d’autres partenaires pour la composante 2 (coopérations espagnole et belge notamment) et en complément de la mobilisation d’un prêt et d’avances par le CECFOR.
Principaux effets attendus
Le projet contribuera à réduire la mortalité maternelle et infantile et les dépenses de santé des ménages les plus pauvres.
Par ailleurs, l’octroi de financements du Ministère de la Santé à une structure associative qui assure une mission de service public (Centre Monkole), constituera une expérience novatrice dont la réussite sera un enjeu fort dans un pays où le secteur associatif remplit un rôle important.
Le projet permettra également de contribuer à la définition au niveau des hôpitaux d’un modèle économique qui garantisse l’équité et la qualité de l’offre de soins.
Médipôle : le futur hôpital de référence du territoire calédonien
Le 31 janvier, le centre hospitalier de Nouvelle-Calédonie et l’AFD ont signé une convention de crédit d’un montant de 40 millions d'euros pour le financement partiel du futur Médipôle de Koutio. Ce projet d’envergure nationale – l’un des plus gros chantiers de construction hospitalière de France - vise à rassembler dans un lieu unique les services de l’actuel hôpital.
Le Centre hospitalier territorial est l’hôpital de référence du territoire calédonien. Etablissement public, il accueille chaque année 25 000 patients et 46 000 urgences. Sa capacité est de 454 lits et 28 places d’hospitalisation de jour qui se répartissent sur 4 sites dont le site principal remonte à 1854. L’activité de l’établissement enregistre une hausse significative du nombre d’hospitalisations, du taux d’occupation et du nombre d’opérations chirurgicales. Malgré un effort de rénovation générale au fil des ans, l’ensemble des bâtiments est aujourd’hui obsolète.
L’un des plus gros investissements de la Nouvelle-Calédonie pour les 10 ans à venir
La reconstruction complète du CHT est prévue sur un site unique à Koutio dans la banlieue de Nouméa. Ce projet représente un des plus gros investissements de la Nouvelle-Calédonie pour la prochaine décennie. Il mobilisera tous les acteurs financiers. En plus du soutien de l’Etat, il été inscrit au Plan Hôpital 2012.
A terme, le Médipôle regroupera deux infrastructures publiques – le bâtiment principal du Médipôle, qui rassemblera tous le service clinique et médico-technique du CHT et le Logipôle qui regroupera en un seul lieu toute la logistique nécessaire au nouvel hôpital – et une infrastructure privée, le centre de soins de suite et de rééducation.
Les travaux de construction devront démarrer d’ici juin 2012 pour s’achever fin 2015. La quasi-totalité du gros œuvre et une partie du second œuvre sera réalisée par des entreprises locales. Au total, l’édification du bâtiment principal du Médipôle (le nouvel hôpital) devrait mobiliser entre 600 et 700 personnes au plus fort du chantier.
Un hôpital de Haute qualité environnementale
L’établissement, labellisé HQE comptera 645 lits et aura vocation à réaliser 58 000 consultations médicales par an. Il permettra 40 000 hospitalisations et comprendra notamment 8 salles d’opération, une halle opératoire et deux salles de coronarographie. Pour l’heure, le Médipôle est l’un des plus gros chantiers de construction hospitalière de France.
Le concours de 40 M€ de l’AFD sous forme de prêt a pour objet d’apporter au CHT une partie des ressources qui lui seront nécessaires pour financer sa part dans l’investissement du bâtiment principal du Médipôle et la réalisation du Logipôle.
Renforcer l’offre de services de santé à la population de Guyane
Afin de renforcer la cohésion sociale et d’améliorer l’accès aux soins dans ce département qui connaît une couverture sanitaire particulièrement faible, l’AFD encourage les initiatives dans le secteur de la santé et des services à la personne, où le secteur privé joue un rôle privilégié et complémentaire à l’offre de services publics.
Du fait de sa superficie (83 534 km², soit la taille du Portugal), de sa forte croissance démographique (+3,9 % par an), et du manque d’attractivité de certaines parties du territoire, la Guyane fait face à un besoin important en personnel de santé, et connaît un taux d’équipement insuffisant notamment pour les personnes à mobilité réduite.
Afin de répondre aux besoins croissants du territoire, l’AFD encourage les investissements dans le secteur de la santé, depuis l’accompagnement des établissements publics dans leurs investissements (infrastructures et équipements) jusqu’au soutien financier apporté aux entrepreneurs pour leurs projets de services à la personne.
Les garanties du Fonds DOM proposées par l'AFD permettent ainsi aux entrepreneurs d’accéder plus facilement aux crédits bancaires pour financer leurs investissements et développer leurs services au bénéfice des Guyanais. Depuis sa création en 1999, le Fonds DOM Guyane a accompagné la réalisation de 610 opérations (création, développement, transmission) d’entreprises guyanaises, tous secteurs confondus.
Quelques exemples concrets
Appuyer une entreprise de services d’hospitalisation à domicile pour consolider et développer son activité
La Guyane est en tête des régions françaises faisant le plus appel à l’hospitalisation à domicile. L’AFD contribue au financement de travaux et d’acquisition d’équipements qui permettront à cette entreprise d’assurer une prestation de services de qualité et de participer ainsi à l’amélioration de la couverture des besoins de santé dans le département.
Voir la fiche projet
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Accompagner la transmission d’une pharmacie pour assurer la continuité de l’offre de services dans les communes isolées
L’accompagnement de l’AFD participe à la continuité et au développement de l’activité de la seule pharmacie présente sur la commune d’Apatou située sur le fleuve Maroni. La réalisation de ce projet favorise l’amélioration du bien être social des populations locales et participe positivement au désenclavement des communes isolées en Guyane.
Voir la fiche projet.
Soutenir le développement d’une entreprise de transport de personnes à mobilité réduite pour répondre à une demande croissante de services
L’AFD appuie les investissements d’une PME de transport de personnes à mobilité réduite pour l’acquisition de nouveaux véhicules. Ce projet doit permettre à l’entreprise de répondre à une demande croissante et aux appels d’offre des collectivités publiques. Il facilite notamment la scolarité de tous les enfants quels que soient leurs handicaps et réduit l’isolement et les difficultés quotidiennes des personnes dépendantes.
Voir la fiche projet.
Un nouvel outil de lutte contre les épidémies au Laos
Financés à plus de 95 % par l’AFD, les bâtiments de l’Institut Pasteur du Laos ont été inaugurés à Vientiane, le 23 janvier. Né de la volonté du gouvernement lao de combler un « vide épidémiologique », cet institut de recherche est le nouveau maillon du réseau des Instituts Pasteur en Asie du Sud-est.
Une centaine de personnalités en provenance de différentes ambassades (Etats-Unis, Japon, Luxembourg, etc.), de partenaires de développement (notamment Coopération européenne, Banque asiatique de développement et agences des Nations Unies) et de ministères (Primature, Ministère des sciences et des technologies) ont assisté à l’inauguration de l’Institut Pasteur du Laos par le ministère lao de la santé, en présence de l’Ambassadeur de France près la RDP Lao, de la directrice générale de l’Institut Pasteur Paris et du directeur de l’AFD Vientiane.
Combler un certain « vide épidémiologique »
La décision d’établir cet établissement au Laos fait suite au constat d’un certain « vide épidémiologique» lorsque, entre 2003 et 2005, le SRAS et la grippe aviaire sont apparus et que l’ensemble des pays de la sous-région se mobilisaient pour la surveillance et le contrôle de ces maladies émergentes et ré-émergentes. Se révélaient alors l’insuffisance de moyens humains, matériels et financiers au regard de la surveillance, de la capacité à répondre aux problèmes de santé publique actuels et émergents et de la recherche.
Assurance maladie et amélioration des soins maternels et infantiles
Aussi, le gouvernement lao a-t-il sollicité l’Institut Pasteur Paris et l’appui de l’AFD pour financer les locaux de l’Institut dans le cadre de son projet d’appui au secteur santé lao, financé par une subvention de 7 millions d’euros pour l’extension du programme national d’assurance maladie et l’amélioration des soins maternels et infantiles ainsi que pour l’appui à la lutte contre le SIDA. Cet institut Pasteur s’insère dans le réseau des instituts pasteur d’Asie du Sud-est (3 au Vietnam, un au Cambodge et un en RDP Lao maintenant).
Promouvoir la recherche et la formation
Le double enjeu de cet institut est bien maintenant de promouvoir un programme de recherches scientifiques et médicales ainsi que de formations associées de haut niveau et de générer et mobiliser les ressources financières nécessaires à sa pérennité, ce qui lui permettra de lutter efficacement contre la pauvreté et les vulnérabilités et de contribuer au développement socio-économique du pays.
Le ministère de la Santé envisage de créer un pôle scientifique comprenant l’Institut Pasteur du Laos, la fondation Mérieux, le Centre National des Laboratoires et de l’Epidémiologie, Wellcom Trust, le Centre de Malaria, Parasitologie et Entomologie. Il souhaite, par ailleurs, développer progressivement une activité de recherche liée aux problématiques régionales de santé publique, développer la formation d’étudiants et de chercheurs et promouvoir des partenariats locaux et régionaux.
"Un moment très fort dans l’histoire de la coopération médicale franco-lao"
Pour l’ancien ambassadeur de France, M. Sénémaud, « Cette inauguration est un moment très fort dans l’histoire de la coopération médicale franco-lao qui a été considérablement développée ces dernières années grâce aux interventions de nombreux acteurs publics et privés (..) l’Agence Française de Développement, le ministère des Affaires étrangères qui finance un ambitieux programme d’appui aux études supérieures ainsi que les fondations Mérieux et Pierre Fabre, la Région Rhône-Alpes, le GIP ESTHER et plusieurs ONG, comme Médecins du Monde, qui réalisent ici un travail remarquable. Nous avons ainsi constitué autour de l’Université des Sciences de la Santé un pôle de coopération dont l’Institut Pasteur est la dernière composante
en date. »
Les financements sécurisés sont de 4,7 M€ :
AFD : (construction) : 1,6 M€
Institut Pasteur Paris (salaires des experts d'IP Paris, principalement) : 1,1 M€
Ministère français de la Santé (équipements de microbiologie) : 0,3 M€
Luxembourg (usage libre) : 1,0 M€
Fondations privées (programme santé à Nam Theun 2) : 0,5 M€,
Banque asiatique de développement (équipements) : 0,2 M€
La Journée de la Coopération Décentralisée de Cités Unies France, associée au 1er Forum "Pansons le Monde"
Cités Unies France a décidé de s’associer à l’ONG française ACTED et Convergences 2015 pour organiser le 25 janvier 2012 une Journée de la Coopération Décentralisée Santé en partenariat avec le 1er Forum "Pansons le Monde".
L’AFD interviendra lors de la table-ronde consacrée aux financements de la santé.
A cette occasion, nous vous invitons à échanger sur différents thèmes :
- Santé et coopération décentralisée
- Collectivités locales, acteurs privés, ONG : quelles convergences pour un accès universel à
- la santé ?
- Les OMD au service du renforcement des systèmes de santé
- La santé dans la continuité de l’action humanitaire
- Quels financements pour la santé dans les pays du Sud ?
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Rendez-vous de 9h30 à 19h |
Vous pouvez vous inscrire pour participer à cet événement en cliquant ici.
Dans le cadre de cette initiative, et afin de répondre au besoin des collectivités françaises de mieux se situer dans ce domaine central de la coopération décentralisée, ACTED et CUF co-présenteront les résultats de l’étude menée depuis fin 2010 « Coopération décentralisée et Santé ».
Le premier Baromètre Pansons le Monde sera publié. Ce document de plaidoyer est destiné à mettre en valeur les initiatives et les prises de position des participants sur les enjeux liés à l’accès à la santé.
La plateforme « Pansons le Monde »
En 2010, l’ONG ACTED a lancé l’initiative de la plateforme Pansons le Monde qui vise à fédérer les acteurs qui s’engagent en faveur de l’accès de tous aux soins et à des médicaments de qualité : collectivités locales, professionnels de la santé, structures associatives! Elle vise à proposer des solutions innovantes et à promouvoir des projets et des convergences pour assurer l’accès des populations les plus fragiles à des soins de qualité, en rassemblant les acteurs issus des secteurs public, associatif et privé, spécialisés ou généralistes.`
Les Journées de la coopération décentralisée
Cités Unies France a lancé les Journées de la coopération décentralisée en décembre 2006. Ces Journées, à vocation transversale, offrent aux collectivités une occasion de s’informer sur une thématique d’actualité grâce à une expertise de haut niveau. Cette première JCD de 2012 aura pour thématique la Santé.
Accompagnement psychosocial des personnes déplacées dans l'est du Tchad
Première pour l'AFD : dans l'est du Tchad, l'agence a greffé un programme d'accompagnement psychosocial dans des projets mis en oeuvre dans des zones de conflits ou de post-conflit. A mi-parcours, cet appui, mis en place dans une centaine de villages et une quarantaine de campements nomades, affiche des résultats positifs mais la question de la perennité du dispositif incite à rester modeste.
Au Tchad, l’AFD intervient dans l’accompagnement au retour des populations déplacées, à travers un programme d’appui à la stabilisation à l’est du pays.
Le programme doit permettre aux populations de disposer, dans leurs villages d’origine ou dans les zones de retour volontaires, de services de base tel que l’accès à l’eau potable, comparables à ceux auxquels elles ont eu accès dans les sites de déplacés, soutenus par l’action humanitaire. Il comprend également un volet de relance économique.
Lire l'interview de Jeanne Milleliri, chargée de projet au Tchad, et Thierry Liscia, responsable du traitement psychososocial à la cellule "Prévention des crises et sorties de conflits".
Une composante appui psychosocial au volet Santé du programme
Dans le troisième volet du projet, consacré à la santé, notamment via la construction ou la réhabilitation de cinq centres de santé, l’AFD a intégré, pour la première fois, un volet d’appui psychosocial à ces personnes dites "retournées".
Des communautés qui ne communiquent plus entre elles
Après cinq mois, les actions conduites ont déjà permis d’obtenir des résultats positifs : mieux-être des personnes prises en charge par les groupes d’entraide, complémentarité des actions psychosociales au volet santé primaire, participation des femmes à la gestion communautaire...
Ces actions psychosociales ont, en outre, permis de réunir des communautés qui ne communiquaient plus entre elles depuis longtemps. Or, cette juxtaposition de communautés est l’un des problèmes majeurs qui entravent le développement du Tchad.
| Eclairage et précisions par Jeanne Milleliri, chargée de projet au Tchad, et Thierry Liscia, responsable du traitement psychososocial à la cellule "Prévention des crises et sorties de conflits". |
Ce programme de soutien psychosocial post traumatisme est une nouveauté pour l’Agence française de développement. Pourquoi une telle initiative ?
L’agence intervient dans plusieurs pays en situation de conflits et de crises : Haïti, Territoires Palestiniens, Afghanistan, plusieurs pays africains… Dans ces contextes, il nous est apparu comme une évidence que l’impact sur le développement économique, social et humain de ces tragédies devait faire l’objet d’un traitement spécifique au plus proche de l’humain. Ainsi, le travail que nous effectuons dans plusieurs villages de la région de Goz Beida, au Tchad, est effectivement une première pour l’AFD.
Sur quels aspects travaillez-vous en priorité ?
Le traumatisme provoqué par des conflits extrêmement violents conduit certaines personnes à développer des troubles anxieux ou de l’humeur, type dépression, à ne plus croire en l’avenir, à se replier sur elles et ainsi à se désocialiser, voire à être sujettes aux addictions à des substances psychoactives. Nous soutenons donc des initiatives qui vont ainsi s’attacher à recréer du lien entre les personnes et à apporter un "soutien social" aux personnes qui en auraient besoin.
Ces troubles post-traumatiques touchent-ils toute la population ?
Heureusement non. On estime généralement que 60% des personnes s’en sortent grâce à leurs ressources propres, au soutien de leurs proches, ou à celui de la communauté ; 10 % vont développer des troubles lourds qui relèvent de la psychiatrie. Enfin 30% des personnes deviennent fragiles, vulnérables, et peuvent, si l’on n’y prête pas attention, développer à terme le type de troubles évoqué précédemment. On constate ainsi qu’une grande partie de la population est potentiellement concernée par l’apparition de ces troubles et peut, dès lors, nécessiter un accompagnement. C’est donc cette frange de population que nous souhaitons pouvoir accompagner au travers de certains projets de l’AFD.
Concrètement, quelles actions sont mises en place ?
D’une manière générale, des écoutes individuelles, des groupes de paroles, des groupes d’entraide… Les groupes de paroles ont un effet libérateur très fort. La parole soulage du fardeau du secret et le partage de ces expériences cruelles peut libérer de la honte, notamment chez les femmes victimes de viols.
Autre exemple, un système de tontine, tel que cela a été mis en place au Tchad, permet d’acheter des manuels scolaires aux enfants de parents qui ne sont plus à-même de vivre dans leur environnement, et, au-delà, d’inclure ces personnes dans un système de solidarité traditionnel et donc de les maintenir en lien avec la communauté.
Au cas particulier du projet au Tchad, COOPI, l’ONG italienne qui met en œuvre la phase 2 de ce projet, a commencé par créer des lieux dédiés à ce travail d’appui psychosocial : un lieu destiné au travail en groupe et une case dédiée à l’écoute individuelle.
Puis, dans chaque village, l’ONG a désigné et formé deux mobilisateurs communautaires, un homme et une femme, et a mis en place des groupes d’entraide solidaire, composés de dix femmes. Ces groupes ont pour fonction d’identifier les problèmes dans la communauté et les personnes présentant des troubles d’ordre psychosociaux.
Pour favoriser son ancrage dans le village, la constitution du groupe d’entraide a fait l’objet d’une déclaration signée à la fois par le chef du village et par le président du comité de santé.
A mi-parcours, quels sont les premiers résultats ?
Ils sont largement positifs au regard du peu de temps écoulé depuis la mise en place de ce programme et s’inscrivent en outre dans plusieurs registres :
- tout d’abord, le mieux-être des personnes prises en charge.
Les bénéficiaires directs d’une prise en charge individuelle par la psychologue de l’ONG ou des actions des groupes d’entraide font part de l’amélioration de leur bien-être. Outre une santé meilleure, cela leur permet de retrouver un emploi et de pouvoir, à nouveau, subvenir aux besoins de leur famille.
- la complémentarité des actions psychosociales avec les soins de santé primaire
L’introduction du psychosocial a permis de mieux comprendre ce qui se passait, tant dans la communauté que dans les centres de santé. Les témoignages recueillis au cours des formations psychosociales ont permis, par exemple, de mesurer l’impossibilité pour une femme d’exprimer ses affects lors des visites aux centres de santé, son mari prenant généralement la parole pour elle. Le personnel médical des centres de santé, constatant qu’écouter une personne leur permettait de mieux orienter leur action, a en conséquence exprimé son souhait d’être formé à l’accueil et à une meilleure prise en compte de la psychologie des personnes..
- la participation des femmes
Lors des premières visites de COOPI dans les villages, les femmes n’avaient pas été conviées par les hommes à assister aux échanges. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Les témoignages recueillis, tant par les hommes que par les femmes, ont souligné la réduction des conflits conjugaux et la meilleure prise en compte des femmes dans les décisions concernant la communauté.
- l’interaction réciproque entre les bénéficiaires individuels et la communauté
L’accent est mis sur la relation interpersonnelle, à savoir sur les moyens pour la communauté de prendre en compte les personnes en difficulté ou les malades. Ainsi, là où les actions psychosociales visent généralement à donner aux personnes ayant subi un traumatisme les moyens de se réintégrer dans la communauté, il s’agit ici d’agir également directement sur les pathologies qui peuvent affecter une communauté en cherchant à favoriser le « vivre ensemble ». Ainsi, la communauté est-elle impliquée dans des sujets tels la cohabitation entre ethnies, l’acceptation des « fous » dans la communauté et la déstigmatisation, l’attention à accorder à son enfant, les violences familiales, ou encore l’isolement des personnes dans le besoin, allant ainsi au-delà des seules pathologies mentales …
Quelles sont les perspectives d’avenir de cette initiative ?
Pour ce projet au Tchad, certains défis sont encore à relever pour cette première composante psychosociale dans un projet de l’AFD et notamment :
- la complexité liée à l’étendue des zones couvertes.
Le nombre de villages couverts par les centres de santé s’élève à une centaine, plus une quarantaine de campements nomades.
- et la pérennité des mobilisateurs communautaires.
Ceux-ci étant bénévoles, il existe dès lors un double risque (i) d’érosion de la motivation de ces animateurs, ne bénéficiant plus de la reconnaissance par la psychologue de l’ONG, et (ii) d’absence de légitimation par la communauté. Une solution pourrait alors être d’organiser une relation triangulaire hôpital - centres de santé - mobilisateurs communautaires, avec une supervision régulière de l’hôpital sur les centres et des centres sur les mobilisateurs.
Au-delà, il faut continuer à convaincre de la nécessité d’intégrer cette dimension dans les projets concernés. Cependant, grâce à l’appui de nombreux collègues qui soutiennent cette initiative, d’autres composantes psychosociales sont en train de naître au sein de projets liés aux différents métiers de l’AFD, de la santé au réaménagement urbain, en passant par l’éducation ou la micro-finance
