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Aperçu du secteur de l'Education en RDC
Le système éducatif congolais a fortement souffert des 20 années de conflit qu’a connues la RDC. Les infrastructures sont dégradées et insuffisantes, le niveau des enseignants est faible et l’administration ne dispose pas des moyens pour gérer ce système qui repose donc en grande partie sur les efforts des familles et des communautés. L’éducation primaire et la formation professionnelle font partie des secteurs de concentration de l’aide française en RDC.
Etat des lieux et fonctionnement de l’enseignement primaire et secondaire
Un défi démographique
L’accès à l’éducation, après avoir chuté durant les conflits, est en forte augmentation. Le taux brut de scolarisation en 2009 était de 90,3% au primaire et 40 % au secondaire. L’efficacité de l’enseignement primaire demeure faible du fait de taux de redoublement et d’abandon élevés. Avec le passage à une scolarisation primaire universelle et compte tenu d’une croissance démographique de 3%, le nombre d’élèves au primaire devrait passer en 10 ans de 13 à 20 millions.
Un système fortement dégradé
Près de 65% des locaux scolaires du primaire et 55% des locaux du secondaire ne sont pas en dur et/ou sont dans un état de délabrement avancé et ne disposent pas toujours des équipements indispensables (table-banc, manuels). Les enseignants, insuffisamment formés, sont peu motivés par un salaire dérisoire (moins de 25$/mois dans les zones rurales). Les temps d’apprentissage sont ainsi réduits.
Un pilotage faible et une gestion locale assurée par les communautés
Si l’éducation demeure l’un des cinq chantiers prioritaires du gouvernement, le budget alloué reste très faible (5,4 % du budget national pour l’ensemble du système éducatif ce qui est nettement inférieur à la norme de l’initiative Fast track qui est de 20%). Le secteur privé représente 10% des écoles primaires et 12% des établissements du secondaire. Le Ministère de l’Enseignement Primaire, Secondaire et Professionnel (MEPSP) pilote le système et finance, en partie, le fonctionnement et les salaires des écoles publiques (19% des écoles primaires et 24% du secondaire). Le reste des écoles (71 et 64%) est géré localement par des organisations confessionnelles dans le cadre d’une convention avec l’Etat qui assure partiellement le paiement des salaires des enseignants.
Le système repose donc en grande partie sur les efforts des familles et des communautés qui financent des compléments de salaires aux enseignants, paient des frais de scolarisation à l’administration et construisent des locaux de fortune pour accueillir les classes.
Des perspectives d’évolution positive
Le MEPSP a finalisé en 2010 une stratégie de développement du sous-secteur de l’enseignement primaire, secondaire et professionnel. Elle vise à atteindre en 10 ans la scolarité primaire universelle en instaurant la gratuité de l’école et en l’accompagnant des investissements nécessaires (infrastructures, équipements, formation etc…). Une requête de financement au secrétariat Fast-track est en préparation et les bailleurs de fonds, notamment
la Banque mondiale et la CTB (Coopération Technique Belge), ont récemment engagé d’importants projets dans le secteur. Fin août 2010, le Président Kabila a annoncé l’instauration de la gratuité de l’école (suppression des taxes mais aussi des frais de motivation des enseignants) pour les 3 premiers niveaux du primaire dans l’ensemble du pays dès la rentrée de septembre 2010 sauf à Lubumbashi et à Kinshasa qui devraient bénéficier d’un second train de réforme en 2011.
Ces évolutions sont positives mais l’ambition politique du gouvernement sur le sujet se heurte aux réalités de la faiblesse des moyens financiers et surtout des déficits de capacité et de gouvernance pour la mise en œuvre des réformes.
