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Bénin : aide budgétaire

04/11/2010

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’une subvention de 3 millions d’euros à la République du Bénin  pour le financement de son programme économique et financier pour l’année 2010.

Le Bénin a été touché en 2009 par les contrecoups de la crise économique mondiale. La politique menée par les autorités pour soutenir la croissance s’est traduite par le doublement du déficit budgétaire, qui a atteint 7,3% du PIB en 2009. L’appui apporté par la France sera ciblé sur la résorption des instances de paiement constatées dans les secteurs prioritaires de la stratégie de croissance pour la réduction de la pauvreté.

Afrique de l’Ouest : financement du secteur privé

04/11/2010

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un prêt de 30 millions d’euros à la Banque Ouest Africaine de Développement (BOAD) pour le refinancement de ses prêts au secteur privé marchand.

Créée en 1973, la BOAD est l’institution commune de financement des huit Etats membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (UEMOA). Basée à Lomé, elle a pour objectif la lutte contre la pauvreté, le développement équilibré des Etats, l’intégration économique de la zone et le développement du secteur privé. Elle finance les projets de développement rural, d’infrastructures, industriels, agro-industriels, de tourisme et d’autres services. Depuis deux décennies, elle étend son activité au secteur privé marchand, en subsidiarité avec les banques locales. Ce concours contribuera à développer l’accès aux entreprises des pays de l’UEMOA au financement de leurs investissements.

République Dominicaine : prêts étudiants

04/11/2010

Le Conseil d’administration de l’AFD a approuvé l’attribution d’un prêt en dollar d’un montant équivalent à 6 millions d’euros à Pontifica Universidad Catolica Madre y Maestra (PUCMM) pour le développement de prêts aux étudiants et de nouvelles filières de formation.

Le concours permettra à PUCMM, université privée, d’accroître les prêts étudiants offerts en priorité aux étudiants méritants, ayant peu de moyens pour financer leurs études, et dans les filières de formation dont l’économie dominicaine a davantage besoin. D’ici 2014, le nombre de prêts octroyés par l’université devrait augmenter de 18%.

34 pays venant 3 continents se réunissent autour du premier plan international de sauvegarde de la biodiversité de bassin méditerranéen

03/10/2010

Le premier plan international destiné à préserver la biodiversité exceptionnelle du bassin méditerranéen est lancé aujourd’hui à Paris à l’Agence Française de Développement. Ce plan qui s’étale sur cinq ans a pour objectif de protéger au mieux les écosystèmes, notamment terrestres, en ciblant ses actions sur les régions les plus  importantes et les plus menacées en matière de biodiversité.

Il a été élaboré par le Critical Ecosystem Partnership Fund (CEPF) – un partenariat qui regroupe la Banque mondiale, le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), l’Agence française de développement (AFD), le gouvernement japonais, la John D. and Catherine T. MacArthur Foundation et Conservation International. Le projet a également été financé par la Fondation Mava et la Fondation Prince Albert II de Monaco. Une première tranche de 10M$US est mis à disposition pour les 5 prochaines années pour la conservation de la biodiversité.

Près d’un demi-milliard d’êtres humains vivent autour du bassin méditerranéen et plus de 220 millions de touristes viennent chaque année visiter la région. Il est crucial de réduire les menaces qui pèsent sur l’écosystème méditerranéen. De nouvelles approches sont aussi nécessaires pour que la région continue à tirer parti des services rendus par les écosystèmes et de la biodiversité car ils jouent un rôle essentiel, depuis des millénaires, dans le développement des  civilisations méditerranéennes.

Il est nécessaire de  maîtriser l’usage de l’eau douce – dont la présence est limitée dans la région – et de  veiller à ce que le tourisme apporte des atouts économiques sans pour autant détruire les écosystèmes qui  font de la Méditerranée une zone de tourisme privilégiée.
Pour Gilles Kleitz, chef de projet à l’Agence française de développement (AFD), « Des dizaines de millions de personnes, dans l’Union européenne  ou en  dehors, dépendent de l’écosystème du bassin méditerranéen, soit directement, par le biais de l’agriculture, du tourisme, de la pêche, de la sylviculture, soit indirectement, par l’apport en eau douce, le contrôle des insectes, la pollinisation... Nous nous devons de veille  à la restauration et à la préservation  de cette région naturellement  riche et fragile pour le bien des générations futures.»

Le plan s’articule autour d’un rapport de 251 pages appelé Profil d’écosystème qui identifie les zones clés de la biodiversité, les menaces auxquelles elles font face et les mesures nécessaires. Ce rapport a été constitué avec l’appui de groupes issus de la société civile. Le CEPF accordera des subventions aux associations locales qui se mobiliseront sur des projets de protection de la nature. 

Pour John Watkin, directeur des subventions du CEPF qui a encadré le projet, « La place extraordinaire qu’occupe le bassin méditerranéen dans l’histoire de l’humanité et son rôle de carrefour entre les cultures européennes, moyen-orientales et nord-africaines a été rendu possible grâce à  la richesse incroyable de son écosystème :  ses ressources maritimes, la fertilité de ses terres et l’abondante variété de plantes, mammifères, oiseaux, reptiles, amphibiens et invertébrés que l’on peut y trouver. Cet écosystème  demeure crucial aujourd’hui  pour le développement économique et social de la région.  LeCEPF a élaboré ce plan pour veiller à ce que cet écosystème continue d’apporter à l’homme ses bienfaits pour les millénaires à venir ».
Le rapport répertorie plus de 1567 zones clés de  biodiversité (Key Biodiversity Areas: KBA) dans la région. Le  financement ciblera les pays situés hors des frontieres de l’UE qui ont un accès plus limité à d’autres sources de financement pour la protection de la biodiversité. Six régions ont été définies comme prioritaires.

Pour Güven Eken de Doğa Derneği, l’ONG turque  qui a conduit l’étude pour le CEPF: « Le bassin méditerranéen a une importance majeure, du point de vue environnemental et social. Cette zone sensible de la biodiversité, la deuxième en termes de taille, est l’une des plus riches au monde. Mais il est aussi très complexe d’y travailler, car elle rassemble 34 pays dont les langues, les alphabets, les cultures et les religions diffèrent. La région  est gravement menacée, car 5 % seulement de son écosystème originel subsiste. En effet,  la promotion immobilière des zones côtières à des fins touristiques et l’extraction de l’eau à des fins agricoles ont des répercussions particulièrement néfastes dans la zone. Celle-ci a déjà connu beaucoup de dégâts mais nous avons enfin une stratégie qui transcende les frontières nationales  pour protéger la région. »

Les six zones prioritaires identifiées par le CEPF sont :

1. la péninsule  Cyrénaïque (Égypte et Libye) : 3 037 789 hectares de régions humides ou désertiques, comptant 11 zones clés de  biodiversité (KBA) et abritant plus de 100 espèces de plantes endémiques. Des espèces animales particulières y vivent également, comme la tortue égyptienne (Testudo kleinmanni), en danger d’extinction. L’écosystème local subit de nombreuses menaces comme le développement non durable du tourisme, la conversion des zones côtières en zones d’habitations, les pratiques de chasse non durables, l’expansion agricole, la production de charbon pour les zones urbaines avoisinantes et la construction intensive de routes.

2. les montagnes, plateaux et zones humides du Tell algérien et de Tunisie : Cette région très diverse, d’une superficie de 13 405 573 hectares, compte 75 zones clés de biodiversité, dont moins de 1 % sont protégées. Recouvrant une vaste région allant de la mer aux zones de montagne en passant par les forêts de chênes-lièges, elle abrite le mouflon a manchettes (Ammotragus lervia), le serval (Felis serval), ainsi que les dernières populations sauvages du seul primate méditerranéen : le magot (Macaca sylvanus). Le développement non durable du tourisme et la pollution de l’eau menacent l’écosystème de cette région.

3. les montagnes de l’Atlas (Maroc) : C’est dans cette région d’une superficie de 12 812 888 hectares qui compte 30 zones clés de biodiversité que les fleuves les plus importants du Maghreb prennent leur source. On y rencontre une multitude d’espèces uniques, notamment 237 plantes à fruits endémiques, le cèdre d’Atlas (Cedrus atlantica), la Vipère « latastei » ou encore l’antilope à nez tacheté (Addax nasomaculatus), en grave danger d’extinction et réintroduite dans la région. Les montagnes abritent également l’une des trois colonies restantes d’ibis chauve (Geronticus eremita). La région doit faire face à plusieurs menaces : d’abord la surexploitation des plantes, la région étant particulièrement riche en fleurs à oignon, ensuite la gestion non durable de l’eau, avec la construction de digues pour l’irrigation et le stockage de l’eau et enfin une une intensification de l’agriculture et un pâturage intensif qui entraînent l’érosion des sols.

4. la vallée de l’Oronte et les montagnes du Liban (Liban, Syrie, Turquie) : d’une superficie de 2631 528 hectares et comptant 40 zones clés de biodiversité, ce corridor abrite des bassins hydrographiques et des habitats naturels essentiels, qui s’échelonnent du niveau de la mer à des sommets enneigés à 3 000 m d’altitude. Il fournit la quasi-totalité de l’eau aux populations du Liban, eau qui se déverse également vers la Syrie avoisinante. Il abrite 31 espèces jugées menacées dans le monde, ainsi que de nombreux poissons, lézards et serpents endémiques, notamment la vipère libannaise (Montivipera bornmuelleri), elle aussi menacée. La région d’Akkar/du Hermel, qui se distingue par ses forêts anciennes, représente un point d’entrée pour les oiseaux migrateurs venus d’Europe. La construction d’infrastructures résidentielles, l’urbanisation, la chasse illicite et l’intensification de l’agriculture constituent les principales menaces de ce corridor naturel.

5.  les Balkans du sud-ouest (Albanie, Macédoine, Grèce, Monténégro, Serbie) : La région  s’étend sur une superficie de 5 713 629 hectares et compte 42  zones clés de biodiversité.  Les lacs, montagnes et littoraux des Balkans du sud-est entourent les dernières grandes étendues de régions côtières préservées  de la zone Europe-Méditerranée. Ce corridor recèle d’importants réseaux d’eau douce, comme le lac d’Ohrid, un site classé au patrimoine mondial, et le lac voisin de Prespa. Ces sites abritent une variété d’espèces endémiques, notamment la grenouille d’Albanie (Pelophylax shqipericus), une espèce menacée, le poisson Belvica (Salmo ohridanus), la truite « Salmo Letnica », ainsi que divers mollusques, crustacés et plantes endémiques. La chasse, la surpêche et la destruction des habitats naturels côtiers sont à l’origine  de répercussions néfastes.

6. les montagnes du Taurus (Turquie) : D’une superficie de 11 724 896 hectares et comptant 70 zones clés de biodiversité, cette région recense pratiquement tous les habitats naturels que l’on peut trouver en Méditerranée – allant de la garrigue aux forêts, des régions humides  aux régions montagneuses. Les eaux abritent un grand nombre d’espèces animales, dont le phoque-moine marin (Monachus monachus). Les montagnes abritent les peuplements les plus intacts de cèdres du Liban (Cedrus libani). La construction d’habitations, le développement touristique, les incendies de forêts, les digues, l’usage non durable de l’eau potable, l’agriculture, l’aquaculture et la construction de routes menacent en grande partie cette région.
Une conférence aura lieu le 29 septembre 2010 à 16h30

En présence de :
- Jennifer Morris, senior vice présidente, Division du financement des écosystèmes, Conservation international
- John Watkin, directeur de projets, CEPF
- Gilles Kleitz, chef de projet, AFD
- Güven Eken, Président, Doğa Derneği
A l’Agence Française de Développement, 5 rue Roland Barthes, 75012 Paris (métro Gare de Lyon)

Pour de plus amples informations, vous pouvez contacter :

Rob McNeil
Directeur des médias, Conservation International
rmcneil@conservation.org
Patricia Yakabe Malentaqui
Directeur des médias internationaux, Conservation International :
pmalentaqui@conservation.org
Laure Weisgerber
Service de Presse, Agence Française de Développement
weisgerberl@afd.fr 

3 questions à... Dov Zerah

31/05/2010

Directeur général de l’AFD

Quel regard portez-vous sur l’AFD ?

En dix ans, notre maison, dont nous allons fêter l’année prochaine le 70e anniversaire, a effectué une profonde révolution, je n’hésite pas à utiliser ce mot. L’AFD a connu une très importante extension géographique, ainsi qu’une large diversification de ses domaines d’intervention. Après ces dix années de profondes mutations, je ne peux que m’inscrire dans une période de consolidation. Tous ces acquis doivent être confortés et il convient d’éviter de trop se disperser.

Ces évolutions ont été conduites avec un personnel profondément renouvelé. Un tiers des agents ont moins de 5 ans d’ancienneté. Il est essentiel d’accompagner leur insertion, pour que la qualité du travail de l’Agence, reconnue de par le monde, se perpétue.

Quelle est votre vision pour l’Afrique ?

Sans préjuger d’autres éléments de réflexion, le moment est venu de reprendre les fondamentaux de l’intervention pour le développement agricole, probablement dans le cadre de mécanismes régionaux. Le développement de chaque pays est passé par celui de son agriculture. De nombreux exemples dans le monde entier en attestent.
 
Le développement agricole est nécessaire au développement économique d’un pays. Il permet de stabiliser les populations rurales, et donc de favoriser le développement rural. Il ralentit l’exode rural, et diminue la pression sur les villes. Il endigue  l’avancée du désert, et constitue un élément essentiel de défense de l’environnement.
 
Enfin, le développement agricole est créateur de valeur ! Il me semble que, pour les développeurs, une nouvelle page est en train de s’ouvrir. Comme les années soixante ont été les années de financement des infrastructures, l’Afrique connaît maintenant un développement économique, qui doit être conforté et accompagné par le développement agricole. La sécurité alimentaire sera l’un des principaux sujets des trente ans à venir. L’Afrique a les capacités d’être autosuffisante, et il paraît opportun de l’accompagner dans la réalisation d’un tel objectif.

Comment voyez-vous l’activité de l’AFD dans l’Outre-mer ?

Je suis très attaché aux interventions de l’Agence dans l’Outre-mer. A titre d’illustration les activités du groupe AFD dans le secteur privé ont augmenté de près de 20% par rapport à 2008. Cette progression résulte du rôle confié par nos autorités à l’Agence pour la diffusion des instruments de garanties bancaires issus du plan de relance. Ces garanties ont permis de soutenir plus de 11 000 emplois dans l'ensemble de l'Outre-mer français en 2009.Je souhaite que nous renforcions notre action, à la fois en faveur du secteur privé mais aussi en lien avec les collectivités territoriales sur place.
 
   
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